# Continu, batch, discret : les trois mondes de la production

> Toute usine appartient à l'une de trois familles selon ce qu'elle fabrique et comment. Cette distinction commande le choix de l'automatisation, des outils et des normes.

- Source : https://industryhub.site/fr/learn/foundations/procede-vs-discret
- Parcours : foundations
- Niveau : Découverte
- Lecture : 5 min
- Langue : français

## En bref

On distingue trois types de production : le procédé continu (un flux qui ne s'arrête pas), le batch (par lots/recettes) et le discret (des pièces comptées une à une). Chacun appelle une automatisation et des outils différents.

## Pourquoi cette distinction est première

Avant de parler d'automates ou de normes, il faut savoir **ce que l'usine produit et comment**. Trois familles existent, et tout en découle : le type de système de contrôle, les outils, les compétences, les normes applicables.

| | Continu | Batch (par lots) | Discret |
|---|---|---|---|
| **Flux** | ininterrompu | par recettes, lot après lot | pièces comptées |
| **Exemples** | raffinage, ciment, papier | pharmacie, chimie fine | automobile, électronique |
| **Outil typique** | DCS | DCS/PLC + recettes | PLC, robotique |
| **Norme dédiée** | — | ISA-88 | — |
| **Mesure reine** | stabilité, rendement | traçabilité du lot | OEE |

## Le procédé continu

Un **flux qui ne s'arrête jamais** : raffinage, pétrochimie, production d'électricité, papier, ciment. La matière entre, est transformée et sort en continu. On régule des grandeurs (température, pression, débit) en permanence, avec des **boucles de régulation** par centaines. Outil typique : le DCS. Enjeu clé : la stabilité — un arrêt se propage à toute la chaîne et coûte très cher. Démarrage et arrêt sont longs, délicats, séquencés.

## Le procédé batch (par lots)

On fabrique **par recettes**, lot après lot : chimie fine, pharmacie, agroalimentaire, peintures. On charge, on transforme selon une recette, on décharge, on nettoie, on recommence. Chaque lot est tracé. Outil typique : DCS ou PLC + gestion de recettes. Norme dédiée : [ISA-88](/fr/standards/isa-88), qui structure recettes et phases. Enjeu clé : la traçabilité du lot et la reproductibilité.

## La fabrication discrète

On produit des **objets comptés un par un** : automobile, électronique, machines, emballage. La pièce avance sur une ligne, subit des opérations, est assemblée, testée. Outil typique : le PLC et la robotique. La mesure reine est le **taux de rendement global (OEE)**, produit de trois facteurs :

$$\mathrm{OEE} = \text{Disponibilité} \times \text{Performance} \times \text{Qualité}$$

Une ligne disponible 90 % du temps, tournant à 95 % de sa cadence, avec 99 % de pièces bonnes, affiche un OEE de $0{,}90 \times 0{,}95 \times 0{,}99 \approx 85\,\%$. Cet indicateur unique révèle où se perd la productivité : arrêts, micro-ralentissements ou rebuts.

## Beaucoup d'usines sont hybrides

La réalité mélange souvent les trois : une usine agroalimentaire fait du **batch** (cuisson) puis du **discret** (conditionnement). Une raffinerie est **continue** mais son parc de stockage relève d'une logique de gestion. Savoir reconnaître quelle logique s'applique à quelle partie de l'usine est une compétence de base de l'ingénieur d'automatisation.

Le lien entre la production et la gestion d'entreprise (commandes, stocks, planification) est lui structuré par la norme [ISA-95](/fr/standards/isa-95).
